Cash ou nourriture ? Préférences intra-ménages pour les modalités d'aide au Soudan
Les familles en crise sont souvent traitées comme une seule unité, mais de nouvelles recherches soudanaises montrent que les maris et les femmes ont souvent des idées très différentes sur l'aide dont ils ont besoin. Pour vraiment lutter contre la faim, il est important de regarder qui prend réellement les décisions à l'intérieur de la maison.
Lorsque les familles sont contraintes de fuir leur foyer au Soudan, elles laissent derrière elles des fermes, des moyens de subsistance et un sentiment de sécurité. Dans ces moments, l'aide humanitaire devient un impératif crucial. Mais depuis des années, les organisations d'aide sont enfermées dans un débat : vaut-il mieux donner de la nourriture ou une aide financière aux foyers ? Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'IFPRI (décembre 2025) menée dans le cadre du programme scientifique CGIAR sur les frontières alimentaires et la sécurité, suggère que nous posons la mauvaise question. Ce n'est pas seulement une question de ce qui est donné, mais aussi de qui dans la famille le reçoit. En discutant avec des familles déplacées à travers le Soudan, les chercheurs ont constaté que l'efficacité du paquet d'aide peut dépendre de la personne à qui l'on pose la question.
Le « fossé de préférences »
Dans le monde humanitaire, l'argent liquide est roi car il est flexible et rapide. Cependant, cette étude a révélé qu'à l'intérieur de la maison, la couronne est contestée. Lorsque les chercheurs ont interrogé séparément des hommes et des femmes, le consensus a disparu.
- La sécurité des biens : De nombreuses femmes et membres marginalisés de la famille ont exprimé une préférence pour l'aide en nature (nourriture, médicaments, outils). Pourquoi ? Parce que les biens physiques sont plus difficiles à « détourner ». Si un sac de grain entre dans la maison, il reste dans le pot.
- Le pouvoir de l'argent : Inversement, ceux qui avaient un statut ou un accès au marché plus élevé, souvent des hommes, avaient tendance à préférer l'argent liquide. Cela offre pouvoir et choix, mais ce pouvoir ne se répand pas toujours de manière égale à toutes les langues de la famille.
Pouvoir et Pouvoir au sein du foyer
La recherche révèle qu'une préférence pour l'argent est souvent un luxe des personnes autonomes, car les dynamiques de pouvoir des ménages dictent la forme d'aide la plus efficace. Lorsque les femmes ont un mot à dire dans les décisions financières, elles préfèrent généralement l'argent liquide pour la flexibilité qu'il offre afin de répondre à des besoins changeants comme la médecine ou l'éducation. Inversement, lorsque les femmes sont exclues de la prise de décision, elles préfèrent souvent une aide alimentaire directe ; Dans ces contextes, les biens matériels agissent comme un bouclier, garantissant que l'aide n'est pas détournée et parviennent avec succès à la table familiale pour fournir une nutrition essentielle.
Clés d'une aide plus intelligente
Pour passer de la simple survie à une stabilité durable, les chercheurs suggèrent un changement radical dans la stratégie humanitaire qui privilégie l'agence individuelle au détriment du modèle traditionnel à un seul foyer. Cette approche oblige les agences à consulter plus que le simple chef de famille, car s'appuyer sur un seul répondant masque des dynamiques internes importantes et risque de laisser les membres les plus vulnérables de côté. Au contraire, le compromis le plus efficace est souvent une solution hybride – un mélange stratégique de fonds et de soutien en nature. En ciblant l'aide directement vers les femmes et en fournissant ce mélange équilibré de ressources, les organisations peuvent mettre en œuvre une stratégie fondée sur les données qui garantit que l'aide humanitaire atteint réellement les enfants et les personnes âgées, transformant ainsi l'aide en un outil à la fois de flexibilité économique et de sécurité nutritionnelle des foyers.
Rajalakshmi Nirmal est responsable de la communication du programme scientifique CGIAR sur les innovations politiques et travaille à l'Institut international de recherche en politique alimentaire